Décryptage de l’affaire SoftBank, la baleine du Nasdaq surinvestie en options

SoftBank 3 - 4 sorcières

Par le présent article, je vais tenter de décrypter l’affaire SoftBank de manière un peu simpliste en omettant intentionnellement certains détails techniques concernant les options.

Pour rappel, une option est un produit dérivé qui donne le droit d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un certain prix fixé à l’avance (le ‘strike price’) à (ou avant) une certaine date future, la date de maturité.

Pourquoi je vous parle d’options ?

Car depuis le début de l’été, on a observé des volumes de calls (options d’achat) qui étaient plutôt inhabituels sur des grands noms américains du secteur technologique (Tesla, Amazon, Facebook, Apple, Netflix, …).

Fin août, les ratios put-call sur ces actions technologiques ont ainsi connu des plus bas de plusieurs années. Autrement dit, Les investisseurs pariant sur une poursuite de la hausse de ces actions via des options d’achat étaient largement plus nombreux que ceux qui protégeaient leurs avoirs via des options de vente.

On pouvait penser qu’il s’agissait d’une spéculation excessive de la part des investisseurs particuliers américains particulièrement euphoriques suite à la rapide reprise des marchés actions US depuis quelques mois

Bien qu’ils aient certainement contribué aux records de volumes observés sur les options sur actions US (voir graphique ci-dessous), c’est un holding japonais, SoftBank, qui a mené la danse en dépensant environ 4 milliards de dollars en options liées à des actions américaines technologiques. Ce comportement lui a récemment valu le surnom de ‘baleine du Nasdaq’.

single stock options trading volumes

A qui ont-ils pu acheter toutes ces options d’achat ?

On retrouve généralement deux types de vendeurs de calls.

Premièrement, les investisseurs qui détiennent les actions sous-jacentes dans leur portefeuille et qui veulent éventuellement les vendre à un cours plus élevé.

Deuxièmement, les market makers qui sont des intermédiaires dont le rôle est d’assurer la liquidité sur ces marchés d’options. Ces market makers prennent souvent la forme de grandes banques d’investissement, probablement américaines dans ce cas.

En vendant des calls sur actions, ces banques se retrouvent soumises à de nombreux risques dont un risque directionnel sur le cours des actions sous-jacentes.

Pour rappel, un call sur action donne à son détenteur le droit d’acheter l’action sous-jacente à un prix fixé à l’avance à (ou avant) une certaine date future.

Ainsi, si les cours de ces actions technologiques montent, les détenteurs de calls verront leur profit augmenter ceteris paribus. Si le profit des acheteurs de calls monte, il est évident que celui des vendeurs diminue.

Pour se prémunir de ce risque de hausse, les banques doivent se protéger en achetant ces mêmes actions. Une perte sur leurs positions shorts en calls sera alors compensée par un gain sur leurs positions longues en actions.  

Pour cette raison, les banques d’investissement se sont donc mises à acheter aveuglément ces actions technologiques américaines et sont venues alimenter leur hausse déjà en cours (on avait déjà parlé de la hausse de Tesla et Apple, non?) . 

De surcroît, au fur et à mesure que ces actions montent, ces banques doivent acheter davantage de ces actions pour être protégées correctement. Elles participent donc davantage à la hausse de leurs cours.

Il y a donc une relation bilatérale entre la dynamique des marchés d’options et celle des marchés actions.

Mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel...

Et ces actions technologiques se sont mises à baisser début Septembre.

La dynamique préalablement expliquée s’observe également lorsque le cours des actions baisse.

Au fur et à mesure que les actions sous-jacentes baissent, les market makers doivent vendre davantage de ces actions pour être protégées correctement. Elles participent alors davantage à la baisse de leurs cours.

Ce cercle vicieux explique en partie la vitesse de la chute des cours des actions technologiques américaines la semaine dernière. Lorsque les positions prises par SoftBank sont devenues publiques, la récente hausse a semblé artificielle aux yeux des investisseurs. Ces derniers ont alors pris une partie de leurs bénéfices sur ces actions alimentant davantage le mouvement de baisse en cours. 

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