Comment la performance boursière impacte-t-elle l’entreprise?

entreprise nocturne travail

Les sociétés cotées ne perçoivent de l’argent du marché qu’après leur introduction en bourse ou lors de l’émission de nouvelles actions. Après quoi, ces actions seront échangées sur le marché secondaire et l’entreprise émettrice ne retire aucun avantage financier direct de ces transactions.

Ainsi, la performance boursière n’a aucune conséquence financière directe sur l’activité de l’entreprise, ni aucun impact comptable. Une hausse du cours de bourse d’une entreprise ne fait donc pas gagner de l’argent à cette dernière (contrairement à certaines idées reçues). 

Il est alors légitime de se demander pourquoi les responsables d’une entreprise guettent-ils la performance boursière de cette dernière ?

Intérêts financiers des cadres

La première raison qui vient directement à l’esprit est l’intérêt financier que les dirigeants peuvent retirer d’une évolution positive du cours de bourse. Il est fréquent qu’une partie de leur rémunération contienne des stock-options dont la valeur est corrélée positivement au cours de l’action.

Moindre dilution en cas d'augmentation de capital

Après leur introduction en bourse, une société peut encore vouloir effectuer une levée de fonds pour rembourser de la dette ou encore pour continuer son expansion à l’international. 

Plus le cours de bourse est élevé, moins il faudra émettre d’actions pour lever les fonds nécessaires, moins les actionnaires qui ne participent pas à l’augmentation de capital seront dilués. 

Prenons un exemple très simpliste pour illustrer ce propos.

Cas 1: Bonne performance boursière

Une société a 100.000 titres en circulation qui cotent actuellement  100 euros. Sa capitalisation boursière est donc de 10.000.000€.

Sans rentrer dans trop de détails techniques, la société va généralement s’appuyer sur ses actionnaires en leur octroyant un droit préférentiel de souscription. Le prix de souscription est alors fixé par l’entreprise et affiche une décote plus ou moins grande par rapport au cours de bourse. 

Dans notre cas, l’entreprise va donc proposer à ses actionnaires les modalités suivantes : pour quatre actions détenues, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action au prix de 80€, soit une décote de 20% par rapport au cours de bourse. 

Imaginons que 80% de l’actionnariat ait souscrit à l’augmentation de capital. Il y aura alors 20.000 nouveaux titres en circulation portant le nombre total d’actions à 120.000. La société a alors réussi à lever 1.600.000€.

Un actionnaire qui possédait initialement 1000 actions détenait 1% de l’entreprise. Si ce dernier n’a pas participé à l’augmentation de capital, il détient toujours ses 1000 actions mais sur un total de 120.000 actions, soit 0,833% de l’entreprise. Sa participation a donc été diluée.

Cas 2: Mauvaise performance boursière

Cette même société a toujours 100.000 titres en circulation mais le cours de bourse n’a pas connu la même performance boursière et cote actuellement à 50€. 

Si la société souhaite lever autant de fonds que dans le premier cas, elle va devoir proposer la création de plus de titres. 

Pour deux actions détenues, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action au prix de 40€. 

Imaginons que 80% de l’actionnariat ait également souscrit à l’augmentation de capital. Il y aura alors 40.000 nouveaux titres en circulation portant le nombre total d’actions à 140.000. La société aura également réussi à lever 1.600.000€ mais avec des conséquences différentes. 

Reprenons l’exemple d’un actionnaire qui possédait initialement 1000 actions, soit 1% de l’entreprise. Ne participant pas à l’augmentation de capital, ce dernier détient toujours ses 1000 actions mais sur un total de 140.000 actions, soit 0,714% de l’entreprise. Sa participation a été plus fortement diluée.

En conclusion, un beau parcours boursier est un atout lorsque la société cherche à lever à nouveau des capitaux en bourse. Si une action s’est appréciée, les nouvelles actions émises trouveront facilement des acheteurs et à un bon prix.

Elon Musk en est bien conscient puisqu’il a à nouveau profité de la hausse vertigineuse du cours de Tesla pour lever cinq milliards de dollars sur les marchés. Au moment d’annoncer cette augmentation de capital, l’action Tesla cotait à presque 500$. Ces cinq milliards corresponde donc à dix millions de titres. A ce moment-là, plus de 100 millions d’actions s’échangeaient quotidiennement. Autant vous dire que ce ne fut pas trop difficile de lever cet argent…

Economie en cas d'acquisition

Lorsqu’une société acquiert une autre entreprise, elle peut financer cette acquisition en offrant une partie de leurs propres actions. C’est le cas lors d’une offre publique d’échange (OPE) ou d’une offre publique mixte (OPM). Dans le premier cas, la totalité du règlement de l’opération s’effectue en actions alors que dans le second cas, une partie du règlement de l’opération s’effectue en titres et l’autre partie en espèces. 

Le fait que l’action de l’entreprise cote à un prix plus élevé baisse mécaniquement le montant que cette société doit débourser pour acquérir une autre entreprise.

Bien que cela semble assez intuitif, on peut toujours reprendre notre exemple simpliste pour illustrer ce propos.

Cas 1: Bonne performance boursière

Pour rappel, la société Eco a 100.000 titres en circulation qui cotent actuellement  100 euros. Sa capitalisation boursière est donc de 10.000.000€. Depuis son introduction en bourse, Eco a racheté et mis en réserve 5000 de ses actions. 

Cela fait un moment qu’ Eco souhaite acquérir la boite Fin valorisée à 900.000€. 

Eco va proposer aux actionnaires de Fin de racheter leurs actions à un prix qui valorise la société à 1.200.000€. La rétribution proposée est la suivante : 5000 actions de l’entreprise Eco pour un montant valorisé à 500.000€ ainsi que du cash pour un montant de 700.000€.

Cas 2: Mauvaise performance boursière

La société Eco a toujours 100.000 titres en circulation mais le cours de bourse n’a pas la même performance boursière et cote actuellement 50€. Eco a également racheté et mis en réserve 5000 de ses actions. 

Toujours intéressé par le rachat de l’entreprise Fin pour un montant de 1.200.000€, Eco propose aux actionnaires la rétribution suivante : 5000 actions Eco pour un montant valorisé à 250.000€ ainsi que du cash pour un montant de 950.000€.

Par cet exemple, on veut mettre en lumière le fait que l’évolution positive du cours de bourse dans le premier cas permet à l’entreprise de sortir moins de cash pour l’acquisition d’une autre boite. 

Une société dont les actions ont pris beaucoup de valeur a un avantage lorsqu’elle cherche à racheter une entreprise puisqu’elle peut plus facilement lever des fonds en émettant de nouvelles actions pour financer ce rachat. 

Moindre risque d'OPA hostile

Lorsqu’une entreprise est cotée en bourse, ses titres sont détenus par d’innombrables actionnaires qui peuvent vendre leurs titres à tout moment. 

Pour cette raison, le maintien du cours de l’action à un niveau relativement élevé permet de dissuader d’autres entreprises prédatrices qui seraient tentés de la racheter contre son gré.

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